La commune de Chantenay : « Enfin »

Le charme aurait-il opéré ? Six mois après le carnaval de désenvoûtement, organisé par le collectif la Commune de Chantenay, Johanna Rolland vient enfin d’annoncer l’abandon du projet d’arbre aux hérons dans l’ancienne carrière Misery . Elle aura mis 5 ans pour se rendre à l’évidence : l’arbre aux hérons est un projet obsolète et écologiquement insoutenable. C’est bien mais c’est tard, beaucoup trop tard pour les plus habitant.es les plus précaires qui ont dû quitter Chantenay suite à la flambée de l’immobilier, trop tard pour la nature sauvage détruite dans la carrière Miséry, trop tard également au regard des dépenses déjà engagées : plus de 8 millions d’euros d’argent public pour une attraction touristifiante qui ne verra pas le jour.

Pour la Commune de Chantenay, il s’agit bien d’une victoire incontestable face à un projet d’aménagement destructeur. Celle-ci aura été possible grâce à cinq années de lutte aussi déterminée que diverse, ponctuée entre autres par la première vélorution nantaise contre les grands projets inutiles, par un carnaval et par la parution de deux livres issus d’enquêtes menées par des habitant.es avec les éditions à la criée.

Cette victoire ne peut que donner des ailes aux nombreux collectifs Nantais en lutte contre la privatisation et le tourisme croissant qui artificialise nos espaces de vies, contre l’exclusion des plus précaires de nos centres villes, contre la surveillance massive, oppositions à la tour Saupin, au transfert de l’hôpital ou à la Zac de Doulon Gohards…

En ce qui concerne l’avenir de Miséry et de ses abords, nous redisons notre volonté de voir le quartier échapper à l’emprise de l’industrie du tourisme et à ses conséquences désastreuses. De ce point de vue, le projet encore nébuleux de la Cité des imaginaires, adossée à une exploitation obsolète de l’œuvre plus qu’ambivalente de Jules Verne ne prend aucunement en compte les urgences sociales et écologiques auxquelles nous devons faire face. Nous donnons rendez-vous prochainement dans la carrière Miséry pour une fête de l’abandon et pour de nouvelles aventures anti-touristiques.

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