Pour tout savoir sur le projet, vous pouvez consulter la note complète de description ici.

L’Arbre aux Hérons : une aberration écologique et sociale

1. Un projet excluant : les coûts faramineux de cette installation se répercuteront nécessairement sur son accessibilité. À l’image du Carrousel des Mondes Marins dont le prix d’entrée est rédhibitoire pour beaucoup (8,50 € le tour de manège !), l’Arbre aux Hérons est voué à devenir une activité de loisir de plus réservée aux plus aisé·e·s.

2. Un projet de gentrification néfaste pour le territoire et ses habitant·e·s : le projet de l’Arbre aux Hérons va transformer le quartier Chantenay en quartier touristique, impactant la qualité de vie des habitant·e·s et les prix de l’immobilier.  En outre, les promesses de développement économique sont une fois de plus tournées vers le centre-ville et sa proche périphérie sans politique à la hauteur pour le tourisme de proximité. 

3. Un coût environnemental qui pourrait être évité : l’Arbre aux Hérons est un projet tourné vers l’attractivité et le tourisme de masse qui aura pour effet d’augmenter le trafic aérien et routier et leurs nuisances. Aucune étude n’a été réalisée sur l’impact de la chaleur sur le métal et sur l’îlot de chaleur qu’est la Carrière Misery. En outre, les matériaux et plantes choisis l’ont été sans réflexion sur leur impact carbone ou leur cohérence avec l’écosystème local.

Un montage financier et juridique opaque et irresponsable

4. Un risque de conflit d’intérêt concernant les marchés publics : la Chambre régionale des Comptes a récemment rappelé à l’ordre la commune de Clisson pour avoir reçu des mécénats de prestataires ayant bénéficié de marchés publics. Dans le cas de l’Arbre aux Hérons, 5 entreprises participant à son financement ont bénéficié d’au moins un marché public de Nantes Métropole durant les 5 dernières années.

5. Un coût final impossible à évaluer : les coûts annoncés pour l’Arbre aux Hérons ne reflètent pas la facture finale de cette installation. Inflation, pénuries de matériaux, retards : autant d’éléments sur lesquels un flou artistique est entretenu malgré les incertitudes techniques autour de ce projet. A titre de comparaison : la sculpture The Vessel à New York (45 mètres de hauteur) était budgétisée à 75 millions de dollars, le budget final s’est finalement élevé à 200 millions de dollars ; La Philharmonie de l’Elbe à Hambourg devait coûter 77 millions d’euros et coûta finalement 789 millions d’euros, le tout à la charge de la ville.

6. Des budgets de fonctionnement et d’entretien passés à la trappe : Nantes Métropole a récemment voté un budget de 915 000 euros pour la rénovation décennale du Carrousel des Mondes Marins, soit près de 10% de son coût de construction. Faudrait-il dépenser plus de 5 millions d’euros tous les dix ans pour entretenir l’Arbre aux Hérons ? Les coûts annuels de fonctionnement qui pèseront sur la collectivité n’ont pas non plus été annoncés.

7. Un plan de financement non sécurisé : le fonds de dotation n’a, à ce jour, pas sécurisé la moitié de la tranche de financements privés : 11,5 millions d’euros restent à collecter sur 17,5 millions d’euros. De même, 6 millions d’euros manquent du côté des autres partenaires publics. Au total, 30% des financements seront toujours incertains au moment du vote en conseil métropolitain très prochainement qui actera l’achat de l’Arbre aux Hérons par Nantes Métropole. Si le fonds de dotation ne remplit pas ses objectifs, si les partenaires institutionnels ne sont plus au rendez-vous, il reviendra aux contribuables de Nantes Métropole de compenser.

8. Le projet ne se limite pas à l’Arbre aux Hérons : le projet de reconversion de l’immeuble CAP 44 est en cours d’étude avec un coût estimé entre 35 et 45M€. Aucune donnée financière n’a été transmise sur l’aménagement des quais, du parvis et de la route. Le coût total se rapprocherait plutôt des 150M€.

Un projet qui n’a plus lieu d’être

9. Un projet qui bénéficie toujours aux mêmes : notre territoire est riche par sa créativité. Pourtant, la collectivité continue de soutenir les mêmes porteurs de projets depuis 20 ans. Les acteurs de la culture ont plus que jamais besoin de notre soutien. Il est temps de remettre en question le modèle monopolistique de Delarozière et Oréfice, comme commencent à le faire les villes de Toulouse et Dunkerque.

10. Un projet d’un autre temps : le projet de l’Arbre aux Hérons peine à se concrétiser depuis 17 ans. Nombreux·ses sont celles et ceux qui se sont émerveillé·e·s devant les Machines de l’Île et l’Éléphant, qui est devenu le symbole de Nantes. Mais qui, hors de Nantes, connaît le Carrousel des Mondes Marins ? Ce projet de construction d’un énième manège à Nantes n’est plus d’actualité et ne répond pas aux enjeux actuels. Il est temps de renouveler l’imaginaire !